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Alain Vanet
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A mon Fils. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Chronique
A mon Fils.

Mai - Juin 1937

Il était une fois ...
Oui, mon petit, ceci est une histoire, une belle histoire, et même, une histoire «vraie ».

Il était une fois un petit garçon pâlot, timide, qui allait vers l'école et répétait tout bas ses leçons. Ses petits camarades lui donnaient .des bourrades qu'il n'osait pas rendre; mais son cœur en souffrait... Quand il avait de mauvaises notes, son papa le grondait très fort, et, le soir, il sanglotait sur son oreiller. La vie, déjà, lui semblait injuste.

Au collège, ses camarades, voulant singer l'homme (quelle gloire), blessaient son âme par leurs propos vulgaires. Son cœur se mit à battre d'une étrange façon, car il sentait en lui quelque chose qu'il définissait assez mal, mais quelque chose qui était pur, qui était noble.

Déjà, le besoin d'aimer agitait en lui des flots d'émotion: il aimait la chanson mélancolique du vent dans le feuillage, il aimait une étoile, et la nuit, et le nuage qui fuit comme un beau rêve. Il aimait ... Jeune homme, il eut les grandes audaces des timides. Il s'aperçut qu'il fallait oser pour réaliser, qu'il fallait «vouloir» pour oser.

Alors, insensiblement, gardant sa belle émotivité, il jugula sa timidité, et jour après jour, il se fit une belle volonté toute neuve et de métal solide. De soumis il devint indépendant, de timide il devint entreprenant, de faible il devint fort, mais d'une force loyale et propre.

Il aimait toujours, et cherchait maintenant une âme féminine qui remplacerait l'étoile et le nuage du collégien d'autrefois. Il la rencontra et fonda son foyer; il eut un fils. Conscient de ses responsabilités, en peu d'années, il sut forger sa situation, car elle devait mettre les siens à l'abri du besoin. Mais la Vie dispose, pour éprouver l'homme, de moyens terribles. Elle jeta sur le foyer trop heureux un verdict de misère. Les santés s'ébranlèrent, et, durant de longs mois, il fallut lutter, lutter, lutter contre tout... Peu à peu, l'équilibre revenait. Jalouse, sans doute, la Vie voulait vaincre: elle sut, dans l'entourage de l'homme déjà trop éprouvé, trouver des hommes trop heureux de démolir un des leurs. Il dut s'incliner, l'ancien petit écolier, et contempler, gisante au sol, sa belle situation à jamais brisée. Six ans d'enthousiasme et d'efforts pour en arriver là ! ... Au fond de son cœur, la Volonté se cristallisait et luttait désespérément. Elle savait qu'au milieu de la boue, la pierre pure ne perd pas son éclat. Il aimait toujours, l'ancien collégien, tout ce qui restait de Beau et de Bon dans la Vie. Il voulait surtout remonter à la surface et respirer encore. Il s'en fut à Paris, lutta et réfléchit beaucoup. Face à face avec la Vie, il accepta le combat. Il refusa de bas marchés et serra les poings. Certains soirs, quand l'angoisse s'accrochait à son cœur, il répétait tout bas: «Je veux ! Pour elle et mon petit ! »

Et le Destin vint à son secours. Des amis, car il en est, l'aidèrent dans sa, lutte. Peu à peu, sa belle volonté surgit, intacte, prête, à nouveau, à narguer la horde grimaçante des intérêts. Il avait gagné la bataille.

Mon fils, n'oublie jamais cette histoire et n'en retiens que cette pensée:
Fais ce que dois, et lutte

 

 

Deux deuils très proches et particulièrement pénibles, le transfert de la Revue à Paris, 87, boulevard Murat, les difficultés nées de la loi de quarante heures, nous ont obligé à condenser nos numéros de mai et de juin en un seul de 32 pages. Nous nous excusons auprès de ceux de nos abonnés qui n'ont pu être prévenus. Automatiquement leur abonnement se trouvera prolongé d'un mois.

La Revue s'installe à Paris, organise sa vente dans les kiosques, a dès maintenant ses bureaux; mais elle n'oublie pas qu'elle naquit à La Rochelle où elle garde et entretient de vives amitIés. Elle consacrera toujours ses pages à une région et à une ville pittoresque qui l'ont puissamment aidée dès ses premiers pas.

Nos collaborateurs rochelais sont toujours là !

 


Suzanne VANET.

 

 

 
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