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Alain Vanet
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Contraceptif masculin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Dans cinq ans, un contraceptif masculin d’action purement locale ?

 

Des scientifiques ont développé un contraceptif masculin, de mode d'action tout à fait original, dont l'évaluation chez le rat montre non seulement l'efficacité et la réversibilité, mais également l'absence d'effets secondaires. C'est un conjugué entre l'adjudine, une molécule récemment développée, qui inhibe l'adhésion des cellules germinales aux cellules de soutien, et une protéine F'SH mutante sans activité hormonale, qui permet de délivrer l'adjudine uniquement dans les testicules. Un essai clinique n'est toutefois pas envisagé avant cinq ans.

Les spermatozoïdes sont formés, au cours de la spermatogenèse, dans les tubes séminifères des testicules, à partir des cellules germinales qui subissent une succession de divisions cellulaires. Pendant toute la spermatogenèse, les cellules germinales en développement restent attachées aux cellules de soutien que sont les cellules de Sertoli. Cette adhésion est réalisée au moyen de jonctions à base d'actine totalement spécifiques des testicules.

Si cette adhésion est compromise, les cellules germinales se détachent de l'épithélium séminifère, d'où, souvent, une infertilité. Le Dr C. Yan Cheng (New York) a rapporté l'année dernière qu'une nouvelle molécule, l'adjudine est capable d'induire le détachement des cellules germinales de l'épithélium séminifère du rat, en rompant la jonction entre les cellules de Sertoli et les spermatides.

Fait notable : l'infertilité induite par l'adjudine chez le rat ne s'accompagnait d'aucun changement des taux hormonaux, ce qui indiquait qu'une action contraceptive pouvait être obtenue sans perturber l'axe endocrinien. On a également observé que, lorsque l'adjudine disparaissait du sang et des testicules, la spermatogenèse et la fertilité étaient progressivement restaurées. Toutefois, alors que l'adjudine paraissait non toxique dans la plupart des tests, une étude de toxicité chez le rat montrait qu'il existait une marge étroite entre la sécurité et l'efficacité; en effet, l'administration orale pendant un mois d'une dose élevée d'adjudine entraînait des effets néfastes.

Dans une nouvelle étude, publiée dans « Nature Medicine », le Dr Cheng et coll. décrivent une nouvelle approche qui permet de délivrer l'adjudine uniquement dans les testicules, afin de réduire la toxicité et d'améliorer l'efficacité.

En effet, une seule injection intrapéritonéale (mélange adjudine et hormone folliculaire) entraîne, dès la quatrième semaine, l'absence totale de spermatides dans les tubules séminifères, ce qui était observé avec une dose orale cent fois supérieure. Entre la 4e et la 6e semaine après traitement, tous les rats ayant reçu la combinaison adjudine-hormone mutée deviennent infertiles.

Un effet réversible.

Cet effet est réversible, avec une fertilité restaurée trois mois après chez la moitié des rats et cinq mois après chez tous les rats.
« Cela représente une augmentation importante de la sélectivité et de l'efficacité de l'adjudine en tant que contraceptif masculin, notent les chercheurs. Cette approche devrait atténuer les effets néfastes qui ont été détectés dans le foie et le muscle des rats mâles durant la première étude de toxicité, pour deux raisons: premièrement, la dose utilisée pour induire le détachement des cellules germinales est nettement moindre que la dose orale utilisée précédemment; deuxièmement, le conjugué est délivré spécifiquement aux testicules, court-circuitant les autres organes. »
Les chercheurs ont grand espoir que ce composé puisse devenir une pilule pour l'homme, car les récepteurs de l’hormone folliculaire sont confinés, chez l'homme aussi, aux cellules de Sertoli des testicules.

Des études de toxicité plus approfondies sont nécessaires, et un essai clinique n'est pas envisagé avant cinq ans au moins, confie au « Quotidien» le Dr Cheng. L'équipe va mettre au point une meilleure méthode pour produire des quantités plus grandes de l’hormone considérée en utilisant la bactérie E. coli.

 

Dr VERONIQUE NGUYEN
" Nature Medicine », 30 octobre 2006, Mruk et coU., DOl: 10.1038/nm1420.

in Le Quotidien du Médecin novembre 2006


 
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