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Alain Vanet
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Evolution de la femme (1937) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Chronique du 1° mars 1937
Evolution de la femme (ndlr)

Amélia Earhart va tenter le tour du monde en avion, voilà ce que les journaux annoncent ce matin, sous un titre en caractères moyens, ce qui constitue une publicité modeste, en comparaison des manchettes formidables qui annoncent un vulgaire crime au milieu de tant d'autres. Oui, tout simplement, une femme, sur son avion, va ceinturer notre planète d'un raid qui nous semble déjà normal.

Loin de mésestimer les progrès de notre civilisation (je fais pourtant quelques réserves ...) j'applaudis chaleureusement l'entreprise, j'applaudis encore davantage le bel exemple d'audace, d'énergie et de résistance qui nous vient d'une femme.

Mais ... oui, il y a un «mais». Je crains que cet exemple ne soit suivi sur une échelle moins grande, par l'ensemble de la gent féminine. Qu'une femme, par hasard, se lance à la conquête d'un titre envié des hommes, sur un frêle avion, et offre à l'objectif un visage de garçon, une silhouette de mécano, passe encore. Mais que le Progrès incite le sexe dit «faible» à se masculiniser, à prendre la coupe de cheveux, le costume et même le langage masculins, non, je proteste: le danger me paraît grand.

Je n'ai rien de la vieille tante pudique qui recommande à sa chère petite nièce de baisser les yeux devant son cousin. Mais quand même ... La Femme, puisqu'il faut l'appeler par son nom, a, malgré tous ses défauts, une qualité, une grosse qualité, autour de laquelle pivote le monde: elle est femme. Si elle supprime «sa» qualité, il ne reste plus rien.
Retenue, charme, parfum, désir, si vous vous envolez pour faire le tour du monde, que restera-t-il à la Vie pour réaliser un peu de son Rêve?

Vous plaignez, mes chères amies, de voir les hommes vous porter moins d'intérêt, moins de respect. A qui la faute? À vous tout simplement ! A votre faiblesse, l'homme pouvait apporter sa force, mais vous avez voulu l'imiter, vous passer de lui. Tout ce qui faisait votre charme, l'attrait de votre personne, vous l'avez sacrifié. Rien ne l'attire plus.

Ce qui est grave, voyez-vous, ce n'est pas votre déception: c'est la conséquence même d'avoir voulu passer outre les lois de la nature. Femme, il fallait rester femme. Tout l'équilibre d'une civilisation s'en •ressent. Peu à peu, la contagion s'étend; les esprits se faussent et la grande machine s'arrête ou marche de travers parce que ses rouages sont déformés.

Dieu merci, il reste encore assez de femmes «intégrales» pour garder les traditions. Mais il se pourrait qu'un jour, une génération (peut-être celle de nos enfants) se réveille dans une Nature où il n'y aurait plus que des hommes, différents seulement par leur anatomie.

Si la question intellectuelle comptait seule, cela vaudrait peut-être mieux ... Mais ...
Voici un second «mais» qui m'entraînerait trop loin.

 


Suzanne VANET.

 
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