arrowNouveautés arrow Travaux divers arrow Religions arrow Fete du Christ Roi

Alain Vanet
Nouveautés
Romans
Nouvelles
Poésie
Essais
Symbolisme
Mon métier
Travaux divers
Photos
J ai lu, vu, entendu
Citations
Bibliographie
Me contacter
- - - - - - -
Le Domaine perdu
petites heures
Envoi
La Lettre

 
Fete du Christ Roi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Un peu d'histoire

La solennité du Christ-Roi est une fête de dévotion consacrée au Christ pendant le temps ordinaire.

Elle fut instituée par le Pape Pie XI le 11 décembre de l'Année sainte 1925, comme une arme spirituelle contre les forces de destruction à l'oeuvre dans le monde, qu'il identifiait avec la montée de l'athéisme et de la sécularisation. L'année 1925 était aussi le seizième centenaire du premier concile oecuménique de Nicée, qui avait proclamé l'égalité et l'unité du Père et du Fils, et par là même la souveraineté du Christ.

Après Vatican II la fête du Christ Roi vient clore le cycle liturgique. La fête du Christ, Roi de l'univers, fut d'abord célébrée le dernier dimanche d'octobre. Plus récemment, elle fut déplacée pour être mise le dernier dimanche de l'année liturgique. C'est un contexte qui lui convient bien, dans la mesure où les lectures bibliques des derniers dimanches de l'année mettent l'accent sur la fin des temps et le terme du pèlerinage de l'Eglise. Ce dimanche particulier est devenu une sorte d' "ultime Jour du Seigneur". Cette fête n'a donné lieu à aucune tradition religieuse particulière, mis à part les célébrations dans le cadre de la liturgie.

Guide des traditions et coutumes catholiques
pp. 195-196


Pour clore l'année liturgique : Le Christ Roi de l'univers

Un roi pas comme les autres

La figure royale telle qu'elle se présente dans l'Écriture n'appartient plus à l'univers de notre expérience, même dans les pays ou subsiste la royauté. " Roi " est un mot qui ne survit guère que dans les métaphores. Pourtant, tout le monde sait que le roi est " prince ", c'est-à-dire " premier ". Dans notre seconde lecture, Paul n'hésite pas à qualifier le Christ de " premier ": " Premier-né avant toute créature ( ... ) Principe, premier-né d'entre les morts afin d'exercer en tout la primauté. " Qui dit roi dit pouvoir, et même pouvoir absolu dans le cas des royautés anciennes. Or, Jésus a totalement inversé les perspectives: " Les rois des nations commandent en maîtres ( ... ) Pour vous, qu'il n'en soit pas ainsi; au contraire, que le plus grand d'entre vous se comporte comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. " Ce passage de Luc 22,25-26 est loin d'être le seul à illustrer ce thème qui se retrouve partout dans les évangiles. Avec le Christ, le concept de royauté change de sens. Nous avons donc à faire un effort pour comprendre ce que l'Écriture, puis l'Église, veulent nous dire en nous parlant du Christ-Roi. Notons d'abord que Messie, oint, roi, Christ sont des synonymes. " Christ-roi " est donc un pléonasme. Le thème remonte évidemment à Saül, mais la figure royale s'inspire surtout de David et de Salomon: dans un avenir indéterminé, un descendant de David viendra instaurer le " Royaume de Dieu ".

La victoire de la Croix

Pour comprendre, un peu, ce qu'est la royauté du Christ, il faut prendre une conscience claire du fait que la croix est une prise de pouvoir. Pas seulement la Résurrection, prise de pouvoir sur "le dernier ennemi, la mort " (1 Corinthiens 15,26), mais la croix elle-même, victoire sur tout ce qui, dans l'humanité, va à la mort. Paul appelle ces vertiges maléfiques trônes, puissances, dominations, "les esprits du mal répandus dans les airs " (Éphésiens 6,12). Traduisons: ce qui flotte dans l'air du temps, ce qui habite et détermine la mentalité d'une collectivité et pèse sur les libertés individuelles. L'emballement unanime d'un groupe de supporters en est un exemple bénin. Plus grave est la contagion d'un lynchage. Moins visible, la conviction généralisée que plus on possède plus on est important, que rien ni personne ne compte au regard de notre réussite, que " la fin justifie les moyens ", etc. Le Christ prend le pouvoir en lui-même sur tous ces " démons " de puissance et de domination par le seul fait d'accepter d'être mis à mort injustement, " sans raison " (Jean 15,25). Il fait taire en lui la volonté, presque universelle, de vivre à tout prix. Ce choix était déjà perceptible au départ, dans la scène des tentations, mais voici qu'à la croix Jésus s'élève au-dessus de tout ce qui provoque en nous la violence offensive ou défensive. Par là, il prend le pouvoir, le dessus, sur " tout ce qui nous est contraire ".

Enfants de Dieu, donc héritiers du Royaume

On l'aura compris, la Royauté de Dieu dans et par le Christ ne s'exerce pas sur nous mais en notre faveur. Elle s'exerce sur tout ce qui peut nous nuire. Certes je peux dire que le Christ est mon Roi, mon Seigneur, mais tel n'est pas l'enjeu majeur du " Royaume ". Nous sommes " héritiers du Royaume ", " peuple de rois ", donc appelés à régner avec le Christ. L'onction que nous recevons au Baptême est l'onction royale qui fait de nous des " Christs ". Ce pouvoir que nous recevons sur toute puissance et domination, s'il nous fait déjà " enfants de Dieu ", s'exerce au fil d'une histoire et nous devons sans cesse le confirmer, sans cesse revivre la Pâque. Les vertiges de mort, les pulsions de meurtre ne peuvent faire plus que dresser la croix; là ils atteignent la limite de leur pouvoir. Or, tout ce qu'ils arrivent à faire c'est de provoquer la surabondance d'amour qui est leur contraire et les anéantit. L'amour se révèle alors en toute sa gratuité: les hommes ont haï sans raison, l'amour se révèle donc lui aussi sans raison. Injustifié. Relisons dans ce contexte le dialogue de Jésus avec le malfaiteur "justement crucifié ". Nous apprenons que Dieu n'attend pas notre justice pour nous justifier, mais seulement la foi en son amour qui surclasse toute justice. Nous apprenons aussi que rien, même le pire, ne peut nous empêcher de répondre par de l'amour à ce qui nous agresse, donc à rebondir dans une nouvelle naissance comme images et fils de Dieu. Telle est la Royauté du Christ, telle est notre Royauté.

Marcel Domergue, sj
rédacteur à Croire aujourd'hui

 

 

 
< Précédent   Suivant >
 
Pour consentir à vivre, il faut rêver sa vie
réalisation Tanisweb