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Alain Vanet
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Gaston Chérau Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Mai-juin 1937

Ce fut un télégramme laconique: «Gaston Chérau décédé à Boston».

Un ami, par quatre mots lancés au-dessus de l'océan, m'annonçait ainsi la, nouvelle brutale.
Gaston Chérau n'était ni de mes amis, ni de mes parents. Je l'avais connu, tout d'abord, à la lecture de Champi-Tortu. J'avais appris à aimer l'auteur en pleurant son héros. Mais, avec Valentine Pacquault, j'éprouvai le violent désir de connaître le bel observateur, le sensible gentilhomme qui savait, par son style clair et direct, faire danser devant nos yeux les marionnettes du guignol humain.

Je le rencontrai. L'écrivain en renom sut se montrer simple, bienveillant pour l'apprenti que j'étais. Ses conseils se révélèrent, par la suite, parmi les plus précieux. Sa correspondance, toujours pétillante d'esprit, parfois agressive, paresseuse souvent, faisait ma joie.

Avant de s'embarquer pour l'Amérique, il vint me voir ... Gaston Chérau devait ne jamais revoir le sol de sa patrie, ce sol qu'il connaissait tellement bien, et ces vieilles silhouettes paysannes ou citadines, si bien traduites par sa plume qu'elles sont passées désormais dans l'histoire de la littérature française. Actif, voyageur infatigable, Gaston Chérau laissait derrière lui un fort courant de sympathie. Il parlait avec amour de sa fille, avec estime et fierté de son fils, s'installait chez vous comme chez lui et racontait pendant des heures de longues anecdotes. Il rayonnait, captivait.

Son œuvre littéraire? Je laisse à de plus compétents le soin d'en parler. Qu'il me suffise de dire qu'il a marqué le début d'une ère nouvelle: celle de la peinture du cadre des moyennes villes de province, de la vie ralentie qui les anime. Les personnages sont pris sur le vif; il sait les animer avec tant de naturel, malgré leurs petites manies, leurs passions ou leurs vices, qu'on oublie qu'il s'agit d'un roman pour «vivre l'action».

Indépendant avant tout, Gaston Chérau détestait les «petites chapelles» et leur pédantisme, abominait le vulgaire; il étudiait sans cesse, et son vaste cerveau emmagasinait des notes et des notes. Combien, sans s'en douter, se sont retrouvés dans ses romans. Il suivait, d'ailleurs, ses héros dans la vie.

Gaston Chérau n'est plus. Comme à chaque deuil, je reste atterré.

Il symbolisait la Vie, et quand je me le représente, calme et inerte, privé de vie, sur un sol lointain, je songe qu'il est encore parmi nous. Chaque jour, des hommes le lisent, pensent à lui. Il reste présent et continue à se manifester comme si nous l'entendions encore raconter de vive voix ses belles histoires, source inépuisable d'intelligence et de cœur.

 

 

 

 

 


ANDRÉ VANET.

 

Fichier:Tombe Gaston Cherau.jpg

Biographie (source Wikipêdia)

Fils d'industriel, il est né le 6 novembre 1872 à Niort, et est décédé le 20 avril 1937 à Boston (États-Unis) au cours d'une tournée de conférences.
Journaliste et chroniqueur, il livre régulièrement à la presse ses impressions de voyages.
En 1911, il parcourt pour le compte du journal Le Matin la Tripolitaine conquise par les Italiens.

En 1914, il est reporter de guerre pour le journal L'Illustration en Belgique et dans le Nord de la France.

Fertile romancier de la province, sa plume est très influencée par le Berry où il avait des racines familiales, séjourné une partie de son enfance, et où il revint assidûment en vacances dans une résidence secondaire jusqu'à la fin de sa vie.
Il est élu membre de l'Académie Goncourt en 1926.
Il s'est aussi intéressé au cinéma en composant les dialogues du film Les Deux mondes (1930) réalisé par Ewald Andreas Dupont.


Œuvre littéraire
Il est l'auteur d'une quarantaine de romans.


Son premier titre est Les grandes époques de M. Thébault (1901).
Valentine Pacquault (1921) est à la fois son plus grand succès d'édition et son ouvrage le plus réputé.
- Sa destinée (roman) - Concorde !… 6 février 1934 - Le pimpet (contes) - Le pays qui a perdu son âme (roman) - Le flambeau des Riffault (roman) - Apprends-moi à être amoureuse (contes) - La volupté du mal (roman) - Les cercles du printemps (contes) - La maison du quai (roman) - L'enfant du pays (roman) - La voix de Werther (contes) - Celui du Bois Jacqueline (roman) - Jacques Petitpont (roman pour la jeunesse) - La saison balnéaire de M. Thebault (roman) - Monseigneur voyage (roman) - Le monstre (contes) - I. Champi-tortu (roman) - II. La prison de verre (suite de Champi-tortu) - I. L'oiseau de proie (roman) - II. Le remous (suite de L'oiseau de proie) - Fra Camboulive (roman) - Valentine Pacquault (roman) - La despélouquéro (contes) - La maison de Patrice Perrier (roman) - Le vent du destin (contes) - L'ombre du maître (roman) - L'enlèvement de la princesse (roman) - Chasses et plein air en France (nouvelles, 1934)

Épicurien généreux, il a préfacé l' Histoire du cognac de Robert Delamain (Stock, Delamain et Boutelleau, 1935), archéologue et écrivain issu d'une vieille famille de négociants en eaux-de-vie de Jarnac, dont le cadet Jacques (1874-1953), auteur entre autres de "Portraits d'oiseaux" (Stock, 1938 et 1952) fut le beau-frère de l'écrivain Jacques Boutelleau (1884-1968), dit Chardonne.

Il a écrit quelques œuvres pour enfants, comme Jacques Petitpont, roi de Madagascar (J. Ferenczi, 1928, ill.d' Avelot), L'enlèvement de la princesse (Hachette, 1934, ill. André Pécoud) ou Contes et nouvelles de Gascogne (Bibliothèque Nelson illustrée, 1938, ill. Georges Dutriac).

 
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