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Alain Vanet
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J'ai rencontré Chopin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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J'ai rencontré Chopin
Page 2


Au Musée de la Vie romantique
Hôtel Scheffer Renan
16 rue Chaptal à paris I9X°
2 mars -11 juillet 2010


Une exposition magnifique concernant Chopin et George Sand bien entendu ! En voici la présentation. Le salon du rez-de-chaussée de la maison d’habitation est toujours aussi magnifique, avec son mobilier et ses souvenirs. Pour le reste : je vous laisse lire et avoir l’envie de vous précipiter dans ce lieu toujours aussi … romantique ! N’oubliez pas la serre avec sa fontaine et sa rocaille, où il fait si bon lire quelques pages de « La petite Fadette » ou de « La Mare au Diable »…

Frédéric Chopin (1810-1849)
La Note bleue
La rencontre avec Paris (Atelier-salon d'Ary Scheffer)
Sous la monarchie de Juillet, alors que Paris devient la capitale de la musique, les grands compositeurs de la «génération 1810 », Liszt ou Mendelssohn, s'y produisent quand Chopin s'installe à son tour le 5 octobre 1831. L'art du piano connaît un engouement sans précédent avec les innovations des facteurs d'instrument Pleyel ou Erard. «Le Polonais, le rêveur inspiré que l'exil nous envoie» (Delphine de Girardin) s'impose très vite comme l'une des plus grandes voix du romantisme. Au dessus de la corniche, un tableau de Dagnan évoque le premier domicile de Chopin, Boulevard Poissonnière, plongeant sur les Grands Boulevards - tout un symbole pour l'ascension du jeune virtuose de vingt et un ans!

L'atelier d'Ary Scheffer : les accords de la musique et de la peinture (Antichambre)
Après l'insurrection de Varsovie en 1830, la France fut une terre d'accueil pour les nombreux exilés à Paris dont Chopin faisait partie. L'image dramatique Polonia est lancée comme un cri de révolte par le peintre Ary Scheffer en faveur de la Pologne, écrasée par la Russie en 1831. Cette Pologne martyre est incarnée ici par une jeune femme jetée à terre, piétinée par un Cosaque sanguinaire. La déchirure de la patrie perdue est une source d'inspiration pour Chopin: Polonaises et Mazurkas sont autant de «canons cachés sous les fleurs» (Schumann).

«Je suis content de ce que j'ai trouvé dans cette ville: les premiers musiciens et le premier Opéra du monde» (Chopin). Deux toiles illustrent les représentations de Robert le Diable de Meyerbeer, applaudi par Chopin lors de sa création le 21 novembre 1831 à l'Opéra, et Les Puritains d'Ecosse de Bellini, d'après le roman de Walter Scott. Deux peintures recréent l'atmosphère des ateliers que s'était fait construire Ary Scheffer (aujourd'hui les salles d'exposition temporaire du musée). Mélomane averti, le peintre y brossa le portrait de la dernière élève de Chopin, Camille O'Meara. Poursuivant une carrière de concertiste, elle fréquenta les «vendredi» musicaux de la rue Chaptal et donna des leçons de piano à Cornélia Scheffer, la fille du peintre, que l'on reconnaît sur l'huile de Lamme, provenant du musée de Dordrecht.
Traverser la cour et descendre l'escalier qui, le long du jardin, conduit à la salle basse
« Il était l'âme des sociétés choisies» (George Sand). Un ensemble de toiles et d'œuvres sur papier rappelle certains lieux où Chopin a joué, comme diverses amitiés nouées dans les salons du Paris des années 18301850 : la terrasse du Château de Saint Cloud, où le roi Louis-Philippe l'invita à se produire devant la cour ; Betty de Rothschild (réduction du célèbre portrait par Ingres) et la princesse Delfina Potocka, émigrée polonaise brossée par Delaroche; la princesse Cristina Belgiojoso et le virtuose Paganini; Louis Viardot, l'époux de Pauline Garcia; Eugène Delacroix, le plus proche ami de Frédéric Chopin qui révéla à son élève, le jeune Maurice Sand, les correspondances de la fameuse Note bleue - interprétation toute chromatique du phrasé musical de Chopin, illustré par le manuscrit de la Berceuse (fac similé) qui témoigne de la fébrilité de son écriture. Plusieurs médailles signées David D'Angers livrent le profil des élites du Paris romantique: Ary Scheffer, Delacroix, Delphine Gay, Mlle Mars, Franz Liszt, Adam Miskiewicz, le grand poète polonais également exilé à Paris, tandis que L'Eventail aux caricatures de Charpentier conte les moments espiègles partagés dans le phalanstère romantique de Nohant, sous la houlette de «l'incomparable nymphe Sandaraque ».

Le cantabile du piano du compositeur doit beaucoup au style vocal des grands interprètes du répertoire italien: «Il vous faut chanter si vous voulez jouer du piano» (Chopin). Dans la bibliothèque, des bustes en terre-cuite de compositeurs - Donizetti, Meyerbeer, Bellini - et de solistes - Rubini, Lablache, Tamburini, Thalberg, Moscheles - modelés par Jean-Pierre Dantan, comme le facteur de piano, Pleyel, étroitement associé à la carrière du maître. Sous la verrière sont présentées les cantatrices de l'Opéra et / ou du Théâtre Italien, dont la voix ravissait le jeune polonais: La Pasta, immortalisée par le baron Gérard, sa rivale La Malibran et sa soeur Pauline Viardot, ainsi que La Grisi. Ces grandes divas, avec les musiciens les plus notoires - Berlioz, Rossini et Donizetti ou le ténor Nourrit au timbre «surnaturel» - étaient adulés d'un public fervent. En témoigne Lami avec La Sortie de l'Opéra, l'un des foyers de la mondanité et de la vie sociale sous la monarchie de Juillet.

Au-dessus de la console, deux œuvres en vis-à-vis rappellent que Chopin, «l'homme du monde par excellence» (George Sand) accordait sa préférence aux récitals privés, dans l'intimité des salons raffinés, depuis ses premiers succès chez le Prince Radziwill. Ainsi ne donna-t-il à Paris que dix-sept concerts publics en dix neuf ans. Depuis le Square d'Orléans, il se rendait en voisin et ami chez Ary Scheffer rue Chaptal, en compagnie de George Sand, improvisant sans se faire prier dans l'atelier-même où se trouve le visiteur.

Au-dessus du bureau-cylindre, le plus célèbre portrait de Chopin réalisé par Eugène Delacroix; sur la toile originale, George Sand était penchée aux côtés du compositeur « dévoré par le rêve de l'idéal ». Après la mort de Delacroix, la toile fut découpée -aujourd'hui le portrait de George Sand est conservé à Copenhague (Ordrupgaard Museum). L'effigie de la romancière, par Auguste Charpentier, est accrochée en regard de trois autres portraits du musicien, derrière le piano. Le portrait, réalisé par Ary Scheffer, montre un Chopin plus mélancolique, au lendemain de sa rupture avec la femme de Lettres.


 
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