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Alain Vanet
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La Cornaline Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Article paru dans la Revue

La Cornaline

Elle est l'agate la plus seyante des très brunes, aux cheveux pareils à i'aile du corbeau, noirs aux reflets bleus. Elle étincelle délicieusement au col des gypsies au teint de cuivre, dont la fenêtre entr'ouverte et vite reclose des roulottes suburbaines vous a donné la rare vision. Fine et chaude, faite pour réaliser le bijou des maigres romanesques et des nerveuses passionnées, la gemme, qui semble dérober aux capucines leur patricien velours de flamme, évoque encore en moi certains couchants incendiés de ma Saintonge, qui jettent sur les vastes étendues abolies par la chute des journées, une angoisse étrange et une attente mélancolique du mystère rôdeur.


Suis-je bien sur, par certains de ces crépuscules de cornaline, de n'avoir pas, au loin, vu passer l'Ankou des bonnes gens de Bretagne?


Et pourquoi les vieilles ballades d'Allemagne m'ont-elles, dans ces heures soirales, si durement tenaillé le cœur ?


Ensanglantées comme les feux intermittents des phares, étendant la nuit, sur les mers bruissantes leurs écharpes de fulgurantes pourpres, je vous retrouve aussi comme de rares Ghazels à la maxims13splendeur d'Orient, parmi les poétiques croyances de l'Arabe, Cornalines que les femmes des Goums portent en amulettes bienfaisantes.


N'êtes-vous pas la pierre qu'honore, l'énorme et mystique Moyen-Age, la pierre d'Israël des anciens Juifs, que, depuis, l'héraldique élut pour ses fins cachets et ses uniques gravures, et Michel-Ange ne scella-t-il pas de l'empreinte taillée dans votre matière illustre, ses sonnets princiers ?


Vous avez bagué l'orteil païen de Madame Tallien, et agrafé de vos feux roses les souples tuniques des belles néo-grecques du Directoire, dont les bras de neige exaspéraient leur blancheur aux contacts de vos taches rouges et harmonieuses.


Vous êtes,cornalines, les gemmes de joie et de bonheur. 

 Henry Mériot

 
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