arrowNouveautés arrow Travaux divers arrow Religions arrow La Nuit de la Foi

Alain Vanet
Nouveautés
Romans
Nouvelles
Poésie
Essais
Symbolisme
Mon métier
Travaux divers
Photos
J ai lu, vu, entendu
Citations
Bibliographie
Me contacter
- - - - - - -
Le Domaine perdu
petites heures
Envoi
La Lettre

 
La Nuit de la Foi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L'épreuve de Mère Teresa


"L'amour ne se mesure pas, il se donne"


C'était  le 6 septembre 1997. Quelques jours à peine après la disparition tragique de la plus glamour des princesses, s'éteignait à Calcutta la plus connue des religieuses, la plus admirée aussi et, certainement, la plus étonnante.

Mère Teresa en aura en effet épaté plus d'un. Sa vie, sa vocation et son oeuvre parlent pour elle. Parce qu'elle avait reçu, comme un ordre divin, l'appel à se mettre, dans les bidonvilles de Calcutta, au service des misérables et des sans- abris, elle avait quitté, à presque 40 ans, le confort de son monastère. Jusqu'à la fin de ses jours, elle vécut au milieu des sans-abris et des mourants, fondant au fil des années et dans divers pays, des maisons d'accueil pour les plus déshérités.

A sa mort, les Soeurs Missionnaires de la Charité, ordre qu'elle avait fondé en 1950 et qu'elle dirigeait toujours, regroupait 4000   membres, sans compter la confrérie associée et plus de 100 000 volontaires.

Béatifiée en 2003 par Jean-Paul II, mère Teresa est universellement reconnue comme un être d'exception. Le rayonnement de son sourire, ses paroles fortes, sa foi inébranlable, et son incessante activité  laissaient croire que sa vie spirituelle baignait dans les eaux tranquilles de la certitude et de la tendresse divine. Or, il apparaît, à la lecture de lettres révélées à l'occasion de son procès en béatification et qui seront bientôt publiées en anglais, que cela n'était pas si simple.

"C'est en moi de terribles ténèbres"

Mère Teresa a connu, durant près de 50 ans, une longue et profonde "nuit de la foi". Cette expérience spirituelle, que connaissent certains grands mystiques (Thérèse de l'Enfant Jésus, Elisabeth de la Trinité, Jean de la Croix...) est terrible: « J´éprouve que Dieu n´est pas Dieu, qu´Il n´existe pas vraiment. C´est en moi de terribles ténèbres. Comme si tout était mort, en moi, car tout est glacial " écrit-elle. En 1958, elle avoue "Tout le temps à sourire. Les Soeurs et les gens pensent que ma foi, mon espérance, mon amour me comblent en profondeur, et que l´intimité avec Dieu et l´union avec Sa volonté imprègnent mon coeur. Si seulement ils pouvaient savoir. » (Sources: La Croix)

Cette grande épreuve de la vie spirituelle. Comment se manifeste t-elle? Quelles formes prend-elle? Qui affecte t-elle? Dieu en est-il le responsable? Comment Mère Teresa, et d'autres avant elle, l'ont-ils traversée?

Ces questions, nous les avons posées à Mgr Guy Gaucher, ancien évêque de Lisieux, très éclairant sur l'aridité spirituelle! 


Sophie de Villeneuve
Revue Croire Aujourd'hui

 

 

"La nuit intérieure est un temps de purification"


 
Un entretien avec Monseigneur Gaucher, ancien évêque de Lisieux


En quoi consiste » la nuit de la foi » ? Dans l’itinéraire spirituel, et beaucoup de saints, comme Benoît, Ignace, Thérèse d’Avila ou Jean de la Croix en témoignent, il y a des temps de purifications de la foi. Cela se caractérise par une succession de lumière, puis d’aridité, de sécheresse. C’est normal et connu. Les mystiques en ont souvent parlé. Cela peut se traduire par un sentiment d’absence de Dieu, par l’absence de sensibilité de Dieu dans la prière.

Jean de la Croix parle de la nuit des sens et de la nuit de l’esprit. Cette dernière peut frôler la déprime, le sentiment de l’inutilité, le désespoir. Saint François de Sales raconte qu’au cours d’une période de " nuit " il a eu la tentation du suicide !

Comment croire que Dieu peut ainsi se dérober à notre tendresse?

Le but de la vie c'est l'amour, en tant que relation à l'autre. Or, notre amour est souvent possessif, captateur, il a besoin de purification. La nuit spirituelle, mais aussi les souffrances de la vie peuvent conduire à l'accroissement de l'amour. L'épreuve peut être la preuve de la révélation du coeur.

Thérèse de Lisieux également vécu cette épreuve dans les derniers mois de sa vie. Elle parle de « nuit noire » de « ténèbres »

Thérèse a vécu une grande épreuve de la foi et de l’espérance, qui l’a conduite à une mission apostolique. Elle a connu l’union au Christ à Gethsémani et sur la Croix, pour le salut du monde: "pour que les incroyants aient la lumière "

Que mère Teresa ait connu, comme Thérèse de Lisieux, une nuit intense faite d’absence de sensibilité dans la prière, vous étonne t-il ?

Non, cela ne m’étonne pas ! Que Mère Teresa, toujours souriante, toujours disponible, ait connu cette expérience, n’a rien d’étonnant. Personne n’y voyait rien, mais elle a tenu dans la tempête. C’est dans cette épreuve que cette femme exceptionnelle a tiré son énergie. Elle avait une union au Christ très forte.

N’y aurait-il que les grands saints, les mystiques, qui connaîtraient une pareille épreuve ?

Non, tous les croyants peuvent la traverser. Y compris dans les couvents ! D’ailleurs, quand cela arrive, il faut être accompagné par quelqu’un qui y comprenne quelque chose, car cela peut être confondu avec une dépression. Le père Marie-Eugène, carme, disait que nos souffrances sont des nuits à traverser en union avec le Christ. Beaucoup de gens disent qu’ils ont perdu la foi. Souvent, ils ont perdu le sentiment de la foi, ce qui n’est pas pareil. Cette épreuve n’est pas une punition, Dieu ne cherche pas à nous éprouver sadiquement. Mais elle nous permet de fortifier notre foi. A condition de la traverser avec patience, confiance, dans la prière et la charité fraternelle, en étant accompagné.

Recueilli par Sophie de Villeneuve

 
< Précédent   Suivant >
 
Pour consentir à vivre, il faut rêver sa vie
réalisation Tanisweb