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Alain Vanet
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La religieuse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

CINEMA
« La Religieuse », de Guillaume Nicloux
La liberté est possible

Du film noir à Diderot, le réalisateur du « Poulpe » et du « Concile de pierre » ne fait le grand écart que pour mieux exalter la liberté. Avec le concours efficace de la jeune Pauline Étienne.
C'EST AU TEMPS de sa révolte adolescente, « en pleine révélation punk et anarchiste » (il est né en 1966), que Guillaume Nicloux a lu « la Religieuse » de Diderot, livre qui a laissé en lui « une marque indélébile » et qu'il voulait depuis longtemps traduire au cinéma. En toute liberté : il a modifié la fut ¬le livre est d'ailleurs inachevé — et trans¬formé l'héroïne passive et résignée en résis¬tante. Sa religieuse est également différente de celle qu'incarnait Anna Karina pour Jacques Rivette en 1966, dans un film un temps censuré pour anticléricalisme. Mais sa version reste fidèle à l'esprit de l'ouvrage, qui, dit-il, est « moins un roman sur l'enfer¬mement que sur la liberté » et sur les désirs légitimes que sont l'autonomie de penser et l'accomplissement de sa vie au-delà de tout clivage religieux.

Suzanne Simonin a 16 ans lorsqu'elle est contrainte par sa famille à entrer au couvent. On comprendra plus tard l'acharnement de sa mère. La jeune fille refuse de mentir sur une vocation qu'elle ne ressent pas. Mais il lui faudra bien des ressources et l'aide de quelques bonnes âmes pour résister aux pressions des mères supérieures successives auxquelles elle sera confrontée. Le réalisa¬teur, qui, dans le scénario écrit avec Jérôme Beaujour, a jugé « indispensable d'ajouter une dimension romanesque » au destin de Suzanne, ne se refuse ni suspense ni rebon¬dissements. Sans effets cinématographiques appuyés, mais avec le jeu des acteurs, des lu¬mières (éclairage à la bougie), de la musique, de la chorégraphie de la vie monacale.

Pauline Étienne, 23 ans, qu'on suit avec in¬térêt depuis « Élève libre », de Joachim La-fosse, en 2008, donne toute son énergie, en même temps qu'une certaine humilité, au rôle de la jeune rebelle. Les mères supé¬rieures sont aussi différentes que les actrices qui les incarnent, Françoise Lebrun, Louise Bourgoin et Isabelle Huppert, qui, exception-nellement, en fait peut-être un peu trop.

Écrit à partir de 1760, publié en 1796, douze ans après la mort de son auteur, « la Reli-gieuse », grâce à Nicloux, a toujours des choses à nous dire.


Le Quotidien du médecin
RENÉE CARTON

 
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Pour consentir à vivre, il faut rêver sa vie
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