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Alain Vanet
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La violence faite aux femmes (suite) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

LE RAPPORT 2007 D'AMNESTY INTERNATIONAL
Un monde de violences faites aux femmes


Une femme sur trois dans le monde subira des violences au cours de sa vie, 70 % des personnes tuées dans des conflits sont des femmes, et des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles sont victimes de viols depuis le début de la crise du Darfour. Dans son rapport 2007, Amnesty International dénonce toutes les violences, domestiques, policières ou militaires que subissent les femmes dans un monde de plus en plus en proie à la peur.

DEVANT LA TORTURE et le terrorisme, la peine de mort et la justice internationale, thèmes de campagne traditionnels de l'association, ce sont les violences subies par les femmes dans le monde qui, cette année, font la une du rapport d'Amnesty International. Quelques chiffres en témoignent avec éloquence : une femme sur trois subira des violences de son compagnon au cours de sa vie, 50 % des femmes qui ont trouvé la mort par homicide ont été victimes de leur compagnon (ou ancien compagnon) ; la majorité des millions de victimes de la traite d'êtres humains sont des femmes ; 70 % des personnes qui ont été tuées dans des conflits étaient des non-combattants, pour la plupart des femmes ou des enfants. Dans ce tableau mondial, les militantes de la liberté paient un tribut sévère, arrêtées en Iran pour avoir réclamé l'égalité des sexes, assassinées en Afghanistan pour avoir défendu l'éducation des filles. Ici, en Arabie ou en Iran, les femmes sont obligées de porter le voile, là, en Turquie ou en France, la loi le leur interdit.

Au Darfour, cette «blessure ouverte qui ensanglante la conscience du monde», parmi les plus de deux millions de personnes déplacées, des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d'autres formes de violence sexuelle.
Même en France, la situation est dramatique, s'émeut Amnesty, qui cite les chiffres officiels : en moyenne, une femme meurt tous les quatre jours des suites de brutalités que lui inflige son conjoint ; près d'une femme sur dix pâtit de violences sexuelles, tandis que d'autres formes de violences liées au genre persistent, notamment sous la forme du mariage forcé, de la traite des femmes ou de la prostitution.

Quels moyens pour lutter contre l'apartheid sexuel ? L'association Prix Nobel de la paix s'interroge : des milliards de dollars sont consacrés à la guerre contre le terrorisme, mais où trouvera-t-on la volonté politique et les moyens nécessaires pour lutter contre le terrorisme sexuel ? L'apartheid raciste qui sévissait en Afrique du Sud avait soulevé une indignation généralisée, mais qui se soucie, de nos jours, de l'apartheid sexiste qui règne dans certains pays ?

le-saviez-vous.eu


Dans cet atlas des violations des droits de l'homme que constitue le rapport d'Amnesty, quelques pays sont particulièrement mis en accusation, tel l'Afghanistan : de graves violations des lois internationales y sont commises par toutes les parties en conflit : l'armée américaine, qui détient toujours 500 militants sur la base de Bagram, près de Kaboul, et qui continue de nier à ces détenus leurs droits fondamentaux, les services secrets afghans (NSD), accusés de mauvais traitements et de tortures sur les détenus qui leur sont parfois transmis par les forces de l'Otan ; les responsables locaux ou gouvernementaux, qui n'ont pas à répondre de leurs actes, les accès à la justice étant limités, sinon inexistants.

Dans de nombreux pays, le rapport démonte la mécanique de la peur qui crée un monde dangereusement divisé. «Alors que la peur est parfois un facteur de changement positif, comme c'est le cas en matière d'environnement, explique la secrétaire générale d'Amnesty, Irène Khan, elle devient un danger lorsqu'elle engendre l'intolérance, menace la diversité et justifie la remise en question des droits humains.»

Amnesty s'en prend une nouvelle fois à la guerre menée de par le monde contre le terrorisme, qui, affirme l'association, rend plus difficile la résolution des conflits et la protection des civils. Une guerre impuissante devant les grandes crises de l'année 2006, qu'il s'agisse des conflits en Tchtétchénie, en Colombie, ou au Sri Lanka, déjà relégués au second plan de l'actualité, ou des crises très médiatisées du Moyen-Orient.

«Sur tous les continents, un programme politique fondé sur la peur renforce les discriminations et élargit le fossé entre possédants et démunis», accuse Irène Kahn, qui les cite : en Afrique, des centaines de milliers de personnes ont été expulsées de chez elles, sans aucun respect de la procédure. En Europe occidentale, des dirigeants politiques ont joué sur la peur de l'immigration incontrôlée pour justifier l'adoption de mesures sévères contre les réfugiés, tandis que, en Corée du Sud ou en République dominicaine, les travailleurs migrants sont exploités sans aucune protection. En Russie, la haine des étrangers est à l'origine de nombreux crimes. La dérive autoritaire que connaît le régime de Vladimir Poutine est qualifiée de «désastreuse» par les journalistes et les défenseurs des droits humains. Mais la Russie n'est pas le seul pays à vouloir faire taire les défenseurs des droits humains. De la Colombie au Cambodge, de Cuba à l'Ouzbékistan, les Etats se dotent de lois discriminatoires. En Azerbaïdjan, les personnes déplacées à la suite du conflit du Haut-Karabakh ont perdu leurs droits économiques et sociaux ; au Monténégro, plus de 16 000 Roms et Serbes déplacés du Kosovo sont privés de tous droits civils et civiques. En Lettonie, Pologne et Russie, les autorités continuent d'encourager un climat d'intolérance envers les lesbiennes, les gays et les bisexuels.

Dans ce sombre tableau, quelques signes d'espoir méritent cependant d'être relevés : les institutions européennes ont déclenché un mouvement en faveur de la transparence internationale. L'ONU s'est attelée à la préparation d'un traité sur le contrôle des armes classiques. Dans plusieurs pays, de nouveaux dirigeants expriment un plus grand souci des droits humains. Amnesty se félicite en particulier de l'élection de la nouvelle majorité démocrate aux Etats-Unis.

Pour conclure, l'association en appelle à la mise en oeuvre d'un nouveau concept, celui de « durabilité », cher aux économistes du développement et aux écologistes : de même que la sécurité énergétique s'obtient par un développement durable, la sécurité humaine nécessite le renforcement de l'état de droit et des droits humains, au niveau international comme national : il ne suffit pas de créer les conditions nécessaires au vote, il faut asseoir la primauté de la loi dans la durée.

CHRISTIAN DELAHAYE (in "Le Quotidien du Médec

 

 

1 591 exécutions capitales en 2006
L'an dernier, 1 591 prisonniers ont été exécutés dans 25 pays, selon les données communiquées à Amnesty, qui sont probablement en deçà de la réalité. Le chiffre accuse une sensible baisse par rapport à celui de 2005 (2 148 dans 22 pays). Mais en 2006, 3 861 personnes ont encore été condamnées à mort dans 55 pays. Qu'ils aient aboli la peine de mort en droit ou en fait, 128 pays, à ce jour, ne procèdent plus à des exécutions capitales.
A eux seuls, six pays ont procédé à 91 % des exécutions recensées dans le monde : la Chine, les Etats-Unis, l'Irak, l'Iran, le Pakistan et le Soudan.
S'agissant de la France, Amnesty se félicite de la réforme qui a inclus l'interdiction de la peine de mort en toutes circonstance dans la constitution.

image : amnesty.fr

 

 
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