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Alain Vanet
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L’Améthyste

Améthystes ! Discrètes Améthystes ! vous êtes les pierres modestes et pures, les gemmes qui symbolisez la Passion et la Souffrance; vous êtes aussi les pierres les plus aptes à faire valoir les blancheurs marmoréennes' des femmes semblables à celles que connut le Corrège, hautaines et frigides; vous êtes encore choisies par l'exquisité des joailliers des pompes religieuses avec un sens unique des somptuosités que n'ignora jamais l'Eglise; les plus mystiques évocatrices de l'adorable folie de la Croix, et les évêques parent de vos cabochons l'anneau sacré que leur index offre au baiser des foules croyantes.

Je vous aime et vous admire, Ô Améthystes loyales que choisissaient les vieux artistes païens pour sculpter les coupes destinées aux fêtes de Bacchus.

Vous préveniez l'ivresse et vos feux froids et grands devaient, au sein des orgies, donner aux jeunes patriciens, du moins pour un jour, le remords de leurs saturnales. Améthystes, vous êtes dans mes songes comme les grands lacs de Norvège auprès desquels passent les vierges blondes, les Séraphitas vêtues des robes blanches que les aurores boréales font violettes comme vous, Ô Améthystes ! Et vous n'êtes pas seulement les pierres graves et sacrées; votre couleur évoque en moi, malgré ses froideurs et ses parfums liturgiques, les idyles charmantes à Meudon, à Fontenay-aux-Roses; toute une poésie romantique des coins pariSiens où l'on aime par les beaux dimanches.

Vos eaux limpides ne suggèrent-elles pas, en effet, les premiers lilas et les liserons où des Aubes pâles versent leurs perles que viennent boire les soleils du matin ?

Vous êtes peu turbulentes, mais si sincères; et c'est pourquoi les hommes intègres, ceux de savoir et d'étude, ceux que sollicitent les austères joies de la Science, vous recherchent, dans leur mlire saison.

Consolatrices, vous êtes les bijoux des deuils profonds, Sœurs des âmes désabusées et solitaires, Ô Améthystes ! nulle autre que vous ne nous donne d'aussi sages conseils ; - vous révélez à ceux que froisse la Vie et que la Solitude est une grandeur et qu'elle trempe les Forts; vous incitez à vivre en eux les hommes que les ignobles contacts n'ont pas souillés encore, et vous glissez à notre oreille des paroles de pardon pour les méchants.

Simples, religieuses, jamais vulgaires, demeurez, Améthystes, au milieu des :folies humaines, réellement nobles, instigatrices de la vraie Beauté !

HENRY MÉRIOT,
de l'Académie des Dix de Province.

 

 
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