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Alain Vanet
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Le brin d'herbe fané Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Dans un groupe de travail que je fréquentais de puis une vingtaine d’années, et dans lequel j’avais beaucoup investi, j’avais parfois été mal compris : j’étais assez « moteur » (je pense l’être toujours…) mais certains, influents de surcroît, avaient pris cette attitude pour de l’ambition personnelle. En réalité c’était la vie de ce groupe, son évolution, sa pérennité, sa progression à la fois professionnelle et spirituelle (les deux peuvent aller de pair… mais si…). Somme toute à l’issue ce cette vingtaine d’années, j’étais assez déçu de l’atmosphère qui régnait dans ce groupe.

 

J’ai écrit le texte suivant.  

 

Or à cette époque un de nos amis Pierre B. souffrait de ce qu’il est convenu de nommer une longue et douloureuse maladie. Nous ne le voyions plus car sa maladie en était à un stade terminal, mais peu d’entre nous savions la cause réelle. C’est un homme qui, sans rien dire, nous a invité à dîner les uns après les autres, ou bien  il a aménagé une entrevue dans un cadre convivial, dans l’année qui a précédé la fin de sa vie : c’était pour prendre congé ... Pierre était un homme petit, truculent, extrêmement cultivé et intelligent, bon vivant, joyeux, et spécialiste de Rabelais. Je lui ai dédicacé ce travail ainsi : 

 
A Pierre B
pour la Fraternité à laquelle tu crois,
pour la Liberté que tu défends,
pour l'Egalité fondamentale que tu vis actuellement,
et même si tu caches ta tristesse
parce qu’en ce moment tu me montres le courage, le chemin, la lucidité, la détermination qui, un jour devra être la mienne,
pour tes doutes, tes interrogations, ta faiblesse, ta truculence, ta solitude,
alors mes Amis,
Chargeons, alignons, et buvons ce calice avant qu'il ne devienne un véritable calice d’amertume (1) 

 La première page de ce travail, outre le titre « Un brin d'herbe fané » ... comportait les lignes suivantes :  

Errare Humanum est. 

Perseverare diabolicum

C’est dire ma position à l’égard de ce groupe à cette époque, c’était en Juin 1992.

Dans le texte j’ai incorporé des poèmes de Barbara et de Daniel Guichard car ils exprimaient mieux que je n’aurais pu le faire moi-même ce que beaucoup d’entre nous ressentent par apporter à leur vie, leur parcours personnel dans beaucoup de domaines. Nous passons tous par des doutes, des remises en question voire des révoltes. Pas uniquement de doutes nous concernant nous-mêmes, mais aussi des doutes relatifs à notre fonction. Et, plus la durée de vie professionnelle est longue plus ces crises sont nombreuses bien entendu. On a écrit « Une Foi qui ne doute pas est une Foi morte " (2) . La Foi professionnelle également et je tiens dans une piètre estime les bénis oui-oui vis à vis de ce qu’ils entendent dans les lieux et réunions qu’ils fréquentent. La critique, mais féconde, est indispensable ; elle implique le doute, mais un doute créateur.

 

Relisez bien les paroles de Barbara et de Guichard. J’en ai transformé certains passages. Vous comprendrez alors que la désillusion est d’autant plus forte que l’adhésion, pour ne pas dire l’amour, a été plus intense. 

 

En 1992, l’actualité est riche : ce sont les drames de Furiani et de Vaisons la Romaine, c’est aussi le verdict concernant l’affaire du sang contaminé. Nous avons appris que l’on pouvait être responsable mais pas coupable, de même que Galilée était réhabilité 360 années après son procès ... Charpak reçoit le Prix Nobel de Physique et Euro Disney ouvre ses portes. Le Grand Palais accueille Toulouse-Lautrec et Paul Auster publie « Léviathan ». Nous n’entendrons plus Olivier Messiaen aux grandes orgues de saint Augustin, Menahem Begin ne pourra plus oeuvrer pour la Paix et Arletty part dans une atmosphère éternelle ...

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1 - J’avis lu ce texte lors d’un repas.

2 - Je crois que c’est Miguel de Unamuno.

 
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