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Alain Vanet
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Le "Pourquoi-pas?" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Le "Pourquoi-pas?"
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Tout le monde, ou presque, a entendu parler du Commandant Charcot et de son navire, le "Pourquoi-pas?". Quoique...

Nous inventons de très belles histoires de science fiction, d'aventures romanesques, nous flottons dans des réalisations de télé réalité, au demeurant totalement irréelles et réalisées pour répondre au Rêve de beaucoup... et les producteurs doivent bien vivre eux aussi, n'est-ce pas? Mais cela ne retire rien à ce qui a été réellement vécu. De nos jours également, bien entendu, nous assistons à des aventures de tous ordres, et qui plus est dans l'instant grâce aux médias. Mais elles n'ont que rarement ce parfum des choses passées, d'autant qu'elles sont souvent tristes ou horribles.

Alors voici une histoire ancienne, mais elle fait partie de notre patrimoine.

LA FIN DU « POUROUOI-PAS ? »

C'est avec raison que la Revue le Rêve et la Vie a voulu consacrer quelques, lignes trop brèves à la haute louange du docteur Charcot, savant désintéressé, dont toute l'existence fut la poursuite d'un grand rêve de marin. Il fut de ceux que l'inconnu des mers polaires, l'inconnu des eaux vertes où trempe la glace des icebergs hanta jusqu'au dernier de leurs jours. Poussé par son démon intérieur, qui était l'amour des voyages d'exploration, le goût des sciences maritimes, la volonté de faire rentrer dans le connu les mystères des Océans Arctiques, il abandonna sa carrière de médecin pour naviguer, s'en aller toujours plus loin au-delà des portes dorées de l'horizon. Il voulut connaître les lois qui régissent le mouvement de la vague, les caprices apparents du vent et le monde des êtres vivants sous l'étendue des mers qui couvrent, vous le savez, près des trois quarts de notre planète. Il comprit vite l'immense portée pratique de cette jeune science, l'Océanographie, l'influence de l'Océan Boréal sur la météorologie de nos climats européens et, par suite, sur la vie des nations qui habitent le vieux continent.

Et seul, avec ses seules ressources, il équipa un petit navire, le Français, qui, avec un équipage de jeunes officiers de marine (rappellerai-je ici pieusement les noms de mes camarades Matha, Bongrain ... ) et quelques savants aussi désintéressés que lui, il partit vers le pôle Sud, où il toucha la terre de Graham, et revint en France avec toute une moisson de documents scientifiques, qui attirèrent immédiatement l'attention sur ses efforts et, cette fois, aidé tant par l'Académie des sciences que par la Marine nationale, il fit, en 1907, construire le «Pourquoi-pas?»

C'était un trois-mâts barque, c'est-à-dire un navire à voiles à deux phares•carrés devant et un mât gréé en goélette à l'arrière. Sa coque était en bois, mais très résistante pour affronter la pression des glaces. Enfin, le « Pourquoi-Pas? » était muni d'un moteur auxiliaire. A vrai dire, à cette époque, qui n'était pourtant pas très lointaine, un tel navire était un progrès, mais si vite dépassé ! J'ai vu ce «Pourquoi-pas?» en rade de Brest, où il venait chaque année passer en cale sèche et se préparer pour ses prochaines campagnes. Je l'ai vu attaché à son corps mort parmi les grands navires de guerre, en réalité plus capables que lui de résister aux mers difficiles de l'Océan Boréal. Après quelques voyages, il semblait un survivant du passé. Nos chalutiers de pêche qui, chaque année, s'en vont pêcher la morue dans les eaux du Groenland et de l'Islande étaient autrement capables que lui de naviguer dans les eaux polaires et d'en supporter, sans défaillance, les violences inattendues.

Ceci afin de dire très haut mon admiration pour le docteur Charcot et ses• marins, détachés de la marine nationale, pour ces savants qui s'embarquaient avec une si joyeuse curiosité sur ce petit navire. A quelques jours de marche de leur laboratoire, ils s'en allaient étudier toutes les caractéristiques de ces contrées nouvelles, magnétisme, océanographie, botanique, géologie, biologie maritime, météorologie … que sais-je encore?


 
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