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Alain Vanet
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Le sentiment tragique de la vie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le philosophe, essayiste et poète espagnol Miguel de Unamuno (1864-1936) est connu pour son Sentiment tragique de la vie, qui lui valut la condamnation du Saint-Office.

'Mais là où nous devons aller chercher le héros de notre pensée, ce n'est pas chez un philosophe ayant vécu en chair et en os, mais chez un être de fiction et d'action, plus réel que tous les philosophes : Don Quichotte. Car il y a un quichottisme philosophique, sans doute, mais aussi une philosophie quichottesque. Est-elle autre chose, au fond, celle des conquistadors, des contre-réformateurs, celle de Loyola, et surtout, dans l'ordre de la pensée abstraite mais sentie, celle de nos mystiques ? Et l'on ne peut dire que la philosophie de Don Quichotte fut exactement l'idéalisme : il ne combattait pas pour des idées. C'était le spiritualisme : il combattait pour l'esprit.' Miguel de Unamuno (1864-1936) s'inscrit dans la tradition de Pascal, de Kierkegaard et aussi de Nietzsche. Dans ce livre, écrit en 1912, l'auteur ne tente pas seulement de définir un christianisme qui se trouve souvent en marge des doctrines officielles, mais oppose également sa conception de l'homme et du monde à celles du rationalisme moderne.




D'abord républicain, puis franquiste au début de la guerre civile espagnole, il ne devint plus rien et mourut reclus pour avoir identifié l’horreur du suicide collectif de l’Espagne. Unamuno ne cherche pas à faire une synthèse entre le vitalisme et la rationalité d’Aristote. Il prône le pari pascalien et le saut kierkegaardien dans la foi. Il annonce la bonne nouvelle de l’Évangile, mais repère l’agonie du christianisme dès saint Paul, le Christ naissant dans l’âme des fidèles pour agoniser au cours des temps.
Unamuno résume l’âme espagnole dans la possibilité donnée à tous d’être des mystiques en puissance et en acte. Si l’étoffe fragile de la vie humaine n’est qu’un songe, ce songe-là est rêvé par Dieu lui-même, et la persévérance de l’homme à réaliser ce rêve accomplit le roman de Dieu. L’histoire du rêve de chacun, incarné dans une chair spirituelle, est celle de la création du Créateur :
« …Car croire en Dieu c'est en une certaine façon le créer, bien qu’il nous ait auparavant créés. C’est Lui qui se crée lui-même en nous constamment. Nous avons créé Dieu pour sauver l’Univers du néant, car ce qui n’est pas conscience et conscience éternelle, conscience de son éternité et éternellement consciente, n’est rien de plus qu’apparences. Il n’y a de véritablement réel que ce qui sent, souffre, compatit, aime et désire, autrement dit la conscience ; il n’y a de substantiel que la conscience ; non pour penser l'existence, mais pour la vivre ; non pour savoir pourquoi et comment elle est, mais dans quel but. L’amour est un contresens s’il n'y a pas de Dieu… »

Le sentiment tragique de la vie, Gallimard, collection Idées, p 186

« …Ne pas croire qu’il y ait un Dieu ou croire qu’il n'y en a pas, est une chose ; se résigner à ce qu'il n’y en ait pas, en est une autre, inhumaine et horrible ; mais ne vouloir pas qu’il y en ait, excède toute autre monstruosité morale. Bien qu’en fait, ceux qui renient Dieu le fassent par désespoir de ne pas le trouver… »

Le sentiment tragique de la vie, Gallimard, collection Idées, p 218

« …nous croyons ce que nous espérons… »

Le sentiment tragique de la vie, Gallimard, collection Idées, p 236

L’âme humaine veut créer son Créateur. Lui-même se crée continuellement en nous. Mais notre rêve est vulnérable, menacé par l’insondable bêtise humaine. Il se perd dans le vertige du croire et du non-croire.

Notre monde n’est-il pas comme cette Espagne décrite par le philosophe en sa guerre, séparée en deux moitiés, l’une voulant croire et l’autre désespérée de ne pouvoir croire. Comme chacun de nous ?

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Pour consentir à vivre, il faut rêver sa vie
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