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Alain Vanet
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Les battements cardiaques Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

DE LA SOURIS A VIE COURTE, A L’ELEPHANT  A VIE LONGUE


Même nombre de battements cardiaques tout au long de la vie


Une fréquence cardiaque de repos trop élevée est fortement associée à une augmentation de la mortalité dans la population générale. Le nombre total de battements cardiaques pendant la vie est constant quelle que soit l’espèce. Cela pose le problème de l’intérêt d’un traitement réduisant la fréquence cardiaque comme cure de jouvence…

Il est admis depuis les années 1980 que la fréquence cardiaque (FC) de repos est un facteur pronostique chez les coronariens. Les données du registre CASS (Coronary Artery Surgery Study), publiées en 2005, ont mis en évidence l’importance pronostique de la FC de repos en termes de morbidité et de mortalité totale et cardio-vasculaire. Il est également démontré qu’elle constitue le meilleur facteur pronostique après infarctus myocardique chez les sujets ayant une insuffisance cardiaque, un diabète ou une hypertension artérielle.

De plus, une FC de repos trop élevée est fortement associée à une augmentation de la mortalité dans la population générale. Dans l’étude de Framingham, au sein d’un sous-groupe de 5070 sujets indemnes de pathologie cardio-vasculaire à l’inclusion, la mortalité cardio-vasculaire et coronaire croît progressivement lorsque la FC de repos augmente. Dans un autre sous-groupe de la même étude, composé de 4 530 hypertendus non traités, au cours d’un suivi très prolongé, d’une durée de 36 ans, l’odds ratio de chaque incrément de fréquence cardiaque de 40 battements par minute a été de 1,68 à 1,70 (intervalle de confiance à 95 % : 1,08-2,67) pour la mortalité cardio-vasculaire. Ce qui est intéressant, c’est que ce rapport atteignait 2,14 à 2,18 (intervalle de confiance à 95 % : 1,59-2,88) pour la mortalité totale.

La fréquence cardiaque est associée à une élévation du tonus sympathique et, donc, à une augmentation des valeurs de pression artérielle. Toutefois, le lien entre l’élévation de la fréquence cardiaque et la mortalité cardio-vasculaire persiste lorsque les facteurs confondants, comme l’âge ou la pression artérielle, sont contrôlés. Quatre études ont montré que le lien entre l’élévation de FC et la mortalité persiste chez les hypertendus. De même, il persiste également chez les sujets âgés.

De nombreuses études de suivi de type cohorte ont confirmé ces notions, comme l’étude israélienne Cordis, l’étude prospective parisienne ou le projet italien MATISS.

A l’image de ce que l’on constate avec la cholestérolémie, l’élévation du risque est graduelle. Dans l’étude française IPC, chez les hommes, le risque relatif de décès cardio-vasculaire est, par exemple, de 1,35 (intervalle de confiance à 95 % : 1,01-1,80) lorsque la fréquence cardiaque varie de 60 à 80 battements par minute, et il atteint 2,18 (intervalle de confiance à 95 % : 1,37-3,47) lorsqu’elle dépasse 100 battements par minute. L’étude NHAHES a étendu cette constatation aux femmes.

La biogérontologie enseigne que l’espérance de vie chez les animaux peut être déterminée à partir d’échelles allométriques à partir de leur fréquence cardiaque. Chez les mammifères, la relation entre fréquence cardiaque et espérance de vie est semi-logarithmique inverse. Les petits animaux comme la souris ont une fréquence cardiaque élevée et une espérance de vie brève, à l’inverse des plus gros, comme l’éléphant. Le nombre total de battements cardiaques pendant la vie est constant, quelle que soit l’espèce, malgré des disparités de durée de vie très importantes. Ces considérations posent le problème des mécanis- mes sous-tendant la détermination de la fréquence cardiaque et l’intérêt d’un traitement réduisant la fréquence cardiaque comme cure de jouvence.

 

 


Dr GERARD BOZET
Référence. S. Cook et coll. High Heart Rate : a Cardiovascular
Risk Factor ? « Eur Heart J », 2006 ; 27 (20) : 2387-9233.
in Le Quotidien du Médecin du : 28/11/2006


 
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