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Alain Vanet
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Les Bienveillantes
Page 2

« Les bienveillantes » de J.Littel
Editions Gallimard, 903 p., 25 euros

Le passé n'est jamais fini.


Octobre 2006
Rentrée littéraire


Si Jonathan Littell est le grand favori pour les prix littéraires de l'automne*, une demi-douzaine d'outsiders se profilent pour les principales récompenses. Michel Schneider pour « Marilyn dernières séances» (Grasset) et Alain Fleischer pour « l'Amant en culottes courtes» (Seuil) sont les plus remarqués. Mais aussi Stéphane Audeguy pour « Fils unique» (Gallimard), Nancy Huston pour « Lignes de fille» (Actes Sud), Pierre Charras pour« Bonne nuit doux prince» (Mercure de France), Patrick et Olivier Poivre d'Arvor pour « Disparaître» (Gallimard). Et encore Christine Angot (« Rendez-vous », Flammarion), Christophe Bataille (« Ouartier général du bruit », Grasset), Jean-Éric Boulin (« Supplément au roman national », Stock), Gilles Lapouge (« le Bois des amoureux », Albin Michel), etc.


* L'Académie française, qui ouvre traditionnellement le marathon, décernera son Grand Prix du roman le 26 octobre, le Femina et le Médicis seront attribués le 30 octobre, le Goncourt et le Renaudot le 6 novembre et le prix Interallié le 14 novembre.

Si je fais figurer des extraits de ce roman, c’est parce qu’il me semble décrire assez bien les évènement qui se sont déroulés pendant la dernière guerre. Bien sur, je suis d’accord avec Martine Freneuil (article ci-dessous) sur la lassitude que l’on ressent dans les longues descriptions des meurtres commis dans les camps de concentration et ailleurs, dans les non moins grandes peintures de relations homosexuelles masculines. Le roman de Semprun « Le mort qu’il faut » décrit avec beaucoup plus de sensibilité et de vérité humaine les camps de la mort. Ici, le narrateur paraît véritablement désincarné ; mais c’est justement là la particularité de l’ouvrage et c’est ce qui donne un début d’explication au comportement de ceux qui ont commis ces exactions. Le personnage principal est un véritable malade ; plus exactement c’est une personnalité malade, gravement. Mais le monde qui l’entoure l’est également, ce que l’on oublie trop souvent…
La seconde raison pour laquelle ce roman est intéressant c’est qu’il décrit ce qui se passe dans l’intelligentsia littéraire française à cette époque. Et cela, les plus jeunes d’entre nous ne l’ont pas connu : Rebatet, Maurras, Brasillach…


Les extraits que j’ai choisis sont porteurs de ces raisons : histoire du monde ; histoire d’un homme dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’il possède un personnalité « rare », écriture étonnante (surtout dans les passages fantasmatiques et rêvés), abord psychologique d’un phénomène sociologique au premier abord inexplicable, intrigue enfin car, même si l’on est révulsé par le contenu, il faut admettre que l’intrigue, le scénario, est porteur à condition de bien vouloir dépasser certaines longueurs. J’avoue qu’au Nième assassinat, j’ai lu en diagonale… mais j’ai immédiatement été repris par le texte lorsque l’action reprenait un cours moins « gore ».

Voici l’article de Martine Freneuil.

Phénomène éditorial de la rentrée, ce premier roman écrit en français par un jeune Américain n'a été chassé que récemment de la tête des best-sellers par d'autres poids lourds de la littérature, et il a été sélectionné pour tous les grands prix de l'automne. Son sujet? nul n'en ignore: la narration par son auteur qui n'en éprouve ni horreur ni remords des atrocités commises par un ancien officier 55, un bourreau bureaucrate.


Reste que trop c'est trop, et que ressasser sur neuf cents pages des scènes d'atrocités sans passion ni haine particulières finit par lasser. La froideur du propos le dispute à l'horreur, et la logorrhée finit par ressembler à du bourrage de crâne.


MARTINE FRENEUIL


 
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