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Alain Vanet
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L'Homme en quête d'humanité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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L'Homme en quête d'humanité
Page 2

Par J.-F. MATTEI

Servitude et grandeur du médecin postmoderne

Généticien, pédiatre, ministre, député, éthicien, humanitaire. Par-dessus tous ses titres, le Pr Jean-François Mattei revendique celui qui résume sa vocation et sa passion depuis l'enfance : médecin. Et dans son dernier livre, décrivant l'évolution vertigineuse qui a bouleversé depuis cinquante ans la science et la société, il part à la recherche de l'humanisme médical. En enjambant les siècles et les cultures.

COMMENT retrouver le sens de l'humain après les bouleversements qui, ces cinquante dernières années, ont révolutionné la biologie et la médecine sur les questions les plus essentielles : la vie, la mort, la souffrance, le destin ? Le nouveau livre de Jean-François Mattei commence par donner le vertige au lecteur. La procréation médicalement assistée, avec les formidables progrès qu'elle a représentés pour les couples infertiles, a provoqué d'innombrables questions éthiques : les enfants ainsi conçus ont-ils le droit de connaître leur père biologique ? Quelle réponse donner à des femmes célibataires ? Ou à des femmes ménopausées ? Ou à des couples de même sexe ? Faut-il détruire les embryons congelés ? Ou les confier aux chercheurs ? Pourra-t-on, par la technique du clonage, reproduire un parent unique ?

Le diagnostic prénatal a rendu d'insignes services à des familles éprouvées, mais le dépistage systématique de toutes les maladies chez les enfants à naître ne risque-t-il pas d'ouvrir la voie à l'eugénisme ? Et chez l'adulte, le bilan génétique ne risque-t-il pas d'être exigé un jour par les assureurs, les banquiers et les employeurs ? La multiplication des transplantations d'organes ne menace-t-elle pas de provoquer l'essor d'un marché aux enchères des reins, lobes hépatiques et pulmonaires, ou de la moelle osseuse, via Internet ? La question des brevets et de la marchandisation du vivant (organes, tissus, cellules, gènes) n'a-t-elle pas commencé à déplacer la frontière entre l'humain, l'animal et la chose ?

L'obligation morale de répondre à toutes les demandes ? La course folle au progrès donne le sentiment que la science et la médecine avancent tout seuls, pour leur propre compte, oublieuses de la volonté, des choix, des valeurs de l'homme.

Vertige de l'homme devant tant de mutations qui ébranlent les fondements mêmes de l'aventure humaine... Et que dire du retentissement de cette évolution sur l'exercice médical ? Car c'est probablement dans ce domaine, plus encore que dans la communication, l'information, l'énergie ou l'environnement, que les changements sont les plus considérables. La question, résume Jean-François Mattei, c'est de savoir si le médecin a désormais l'obligation morale de satisfaire toutes les demandes qui lui sont faites, dès lors qu'il possède la technique. «Partis, constate-t-il, d'une médecine qui s'adressait à l'homme dans la globalité de sa personne, nous voilà parvenus à une médecine d'organes, voire à la médecine d'une seule pathologie pour un seul organe: la médecine cardio-vasculaire se spécialise en troubles du rythme, insuffisances cardiaques, thromboses coronariennes; l'opthalmologie en pathologies de la rétine, du cristallin ou de la cornée; l'hématologie en cytologie ou problèmes de la coagulation…»


 
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