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Alain Vanet
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Médecine, souffrance et religions Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Une perpétuelle quête de sens


Si douleur et souffrance sont le lot commun de l’humanité, il existe un «mode de souffrir » hindou, bouddhiste, juif, catholique, protestant,musulman, philosophique, agnostique, qui est particulier. Connaître ces diversités de réponses ne peut qu’être utile à tous les soignants attentifs au contexte multi religieux et culturel de leurs patients.

Une douzaine de chercheurs, parmi lesquels des historiens, des théologiens,des sociologues, des philosophes ou encore des psychanalystes, résument les traditions religieuses, les sagesses et les conditionnements qu’elles suscitent avant de réfléchir aux liens entre douleur et souffrance. Ils analysent la façon dont ces expériences sont ressenties et entendues aujourd’hui par les individus concernés, la société en général, les soignants, et ce que peut signifier la religion pour chacun dans l’expérience de la souffrance. Peut-on dire que la douleur fait souffrir ? se demander, après avoir étudié les définitions de la douleur tout au long de l’histoire des idées en médecine. Comment le discours chrétien a-t-il évolué au fil des siècles ? La souffrance n’a pas donné lieu à de grands débats théologiques comme d’autres sujets, tels que la liberté, la grâce ou la nature divine, et la rupture de l’Eglise avec le dolorisme est assez récente ; le christianisme d’aujourd’hui promettant désormais à ses fidèles, à travers la foi, non plus «un remède surnaturel à la souffrance» mais plutôt un usage spirituel de leurs souffrances. Et le Coran, que dit-il de la souffrance ? Il existe de grandes disparités entre les idiomes hébreu et arabe. Si le lexique hébraïque est vaste pour exprimer au plus juste la souffrance et la douleur, le lexique arabe est beaucoup moins riche dans ce domaine et traite du sujet «dans une sorte d’extériorité objective qui n’accorde guère d’attention au patient, si ce n’est sous la forme de l’endurance et de la patience. Dans la traduction oecuménique de la Bible, on peut trouver près de 200 termes pour dire souffrance ou douleur, aucun dans le Coran, et on peut attribuer attribue le «silence coranique» concernant la thématique de la souffrance pâtie et sa possible sublimation à la non- appropriation par le sujet de sa douleur, comme de son bonheur. En outre on pêut se demander en quoi la sublimation shi’ite de la souffrance présente de nombreuses analogies avec certaines formes doloristes de la piété chrétienne mais s’en différencie «parce qu’elles ne s’accomplissent pas idéalement en béatitude des pauvres selon l’idéal évangélique, mais en véhémence eschatologique».

Guérison, salut ou apaisement ?

Les sagesses hindoues, la tradition chinoise, l’analyse bouddhique, le rappel des expériences africaines sont également l’objet de développements tous passionnants pour montrer ce que ces religions ou cultures ont proposé ou proposent comme moyens intellectuels pour surmonter la douleur et la souffrance. Comment elles se posent comme médiatrices entre l’être souffrant et le monde pour réduire l’isolement de cet individu que la douleur et la souffrance rendent étranger à lui-même et aux autres. La référence à l’invisible permet de replacer le corps souffrant dans le cosmos, de rompre son isolement avec la communauté humaine. La modernité en revanche «dissocie en autant d’approches fonctionnelles ce qui relève du corps et ce qui relève du psychique ou du spirituel».Que devient alors l’invocation des dieux ou la mémoire des grands récits dans de telles perspectives ? Quel modèle, quelles façons de faire la modernité sommes-nous contraints d’inventer pour comprendre la souffrance de l’autre et ce particulièrement lorsqu’on est soignant ? On pourrait évoquer le propos d’Ambroise Paré, «je le soignais, Dieu le guérit», dans son texte sur la maladie chronique et la question du sens pour souligner, au-delà d’une certaine impuissance thérapeutique face à des malades incurables, l’importance d’être envers les malades et non plus seulement de faire. Car, paradoxalement, il arrive que la lutte contre la douleur menace autant le soi que la douleur elle-même. C’est même ce qui peut rendre la tâche médicale si délicate : éradiquer ce qui rend étranger à soi-même (la douleur), sans atteindre le sujet dans sa sensibilité et sa conscience. Autant de questions à débattre longuement car elles ne sont pas sans intérêt pour plonger dans le réel du soignat et des traitement qu’ils peut proposer.

 

Chartres: Saint Jean

 
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