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Alain Vanet
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Dès l'aube, ma chambre est traversée par toutes celles et ceux qui ont besoin de se déplacer, c'est-à-dire à peu près tout le monde. Pour aller d'une pièce à l'autre il faut toujours passer par une ou plusieurs chambres si bien qu'au réveil j'ai eu toutes les peines du monde à sauter dans mon pantalon, Les Népalais sont très pudiques et il n'est pas question de s'habiller devant eux,

Je ne parle pas des gamins qui viennent vous toucher le bras ou le visage pour savoir si vous dormez et répètent plus fort leur question si vous ne répondez pas, Mais ce qui me réveille à coup sûr, le matin, vient de la pièce voisine: une fumée épaisse envahit ma chambre, un fumet de charbon gras à faire tousser un mort; la maîtresse de maison met le feu en route dans la cour, faisant brûler Je-ne-sais-quoi.

Le feu de la cour ne cessera jamais jusqu'au soir, c'est le cœur de la maison, on y cuisine, on mange et on discute autour, De temps à autres on le ranime: il faut pouvoir se faire du thé,
A Chalouni, l'école est gratuite et obligatoire jusqu'à 16 ans [5] ; on ne travaille pas avant 18 ans dans la plantation de thé. La vie est simple mais joyeuse, on travaille dur, parfois, ou bien pas du tout, et on gagne peu.

Toutes les femmes de la maison travaillent pour la plantation de thé. A Chalouni les hommes et les femmes récoltent le thé, en revanche seuls les hommes sont employés dans la factory. Le salaire est faible mais il est versé même s'il n'y pas de travail (les mois d'hiver, par exemple). La maison est fournie gratuitement ainsi que le thé, le riz, la farine ... L'hôpital de la plantation délivre des soins gratuits à toute la famille.

La vie est difficile si toute la maisonnée travaille pour la plantation de thé. En revanche, il suffit que l'un d'entre eux y travaille pour bénéficier de ces gros avantages, et que les autres soient taxis ou bien tiennent un commerce pour que la vie soit plus facile.

Les Népalais qui possèdent leur maison et quelques ares voire hectares vivent mieux que ceux qui travaillent uniquement dans les plantations de thé, Ils ont assez de place pour un poulailler, des chèvres, des cochons et vendent leur excédent de légumes, céréales, épices ...

Le beau frère de Naresh est taxi. Il possède une jeep et organise des transports collectifs entre Chalouni et Metelli, le bourg du coin. Il faut bien comprendre ce que collectif signifie, Pour un Occidental, sa jeep possède 8 places, 11, à la rigueur, en se serrant bien.

Extrait de la "Revue du Palais des Thés"

 

image : easysante.com

La récolte de printemps à Darjeeling est retardée pour la troisième année consécutive. Cette fois, c’est la sécheresse qui fait souffrir les plantations de thé : il n’a pas plu à Darjeeling depuis le 10 octobre 2009 ! Pourtant, le ciel est couvert, on ne voit même pas le Kanchenjunga. Dans les rares plantations qui sont irriguées, c’est le froid qui empêche les feuilles de thé de pousser. Les températures sont encore basses la nuit et au Planters Club, je dors avec une bouillotte !

A ce jour, la plupart des jardins de thé n’ont récolté qu’un seul lot (DJ1). Normalement, ils devraient déjà en avoir récolté une dizaine (DJ10). La première récolte de North Tukvar a un bouquet floral d’une qualité nettement supérieure à celle des autres plantations, même des meilleures comme Puttabong et Singbulli. Je n’ai pas hésité à acheter ce thé qui doit arriver à Paris ce weekend. Il s’agit d’un mélange clonal composé de plusieurs cultivars. D’habitude, je n’achète jamais de thé au tout début de la récolte, mais s’il ne pleut pas dans les 10 jours, il y en aura très peu.

Les quantités disponibles cette année risquent d’être nettement inférieures aux années précédentes. Ca n’a pas l’air de vraiment préoccuper le responsable de Puttabong et North Tukvar, Monsieur Somani (sur la photo), qui m’a dit avec un fatalisme tout indien : « S’il y a un orage, le thé poussera très vite, il n’y a que les Dieux qui savent…».

 

 

 

image : tnature.com
 
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