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Alain Vanet
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Songes creux, songes heureux Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


La troublante beauté et la joie de l’eau vive
S’écoulent en doux murmures tout le long de ces rives
Où roucoulent, ondulants, des miroirs bleutés.
Ce sont eux qui me troublent : ils m’ont tout raconté …
Cette agile clarté d’une onde palpitante
Anime les chimères des êtres du néant.
Folle vivacité, badine légèreté,
Figures d’un devenir follement espéré,
Vous inondez mon cœur d’un désir enflammé.
Autant de transparence, tellement de substance
Endorment mon réel et toute doléance.

Des contes et des songes…

Mais la terre me retient, je suis un plébéien.
Cet humus m'appartient, c'est lui qui me contient.
J'y plonge mes racines, j'y trouve ma puissance.
J'en oublie les blessures d'enfantines béances ;
C’est ma fécondité, et dans son capiton,
En dehors du concret, je noie mon anxiété.
En lui mon renouveau, en lui ma permanence ;
C’est un andantino qui donne récompense.
Quant à sa profondeur, c'est en elle que je panse
Le fond de ma douleur et toute décadence.

Des contes et des songes…

Et cependant, le vent qui m'emporte
Loin de ces mares empuanties
C’est bien cela qui me conforte.
Nuage blanc, nuageux gris, peu m'importe !
Orages fulgurants ou zéphyrs apprentis,
C’est cela qui m’importe et qui me garantit.
Nuées de toutes formes,
Ventrues ou fusiformes, j’adore vos cohortes.
Velours immatériels ou gazes somptueuses
Vous êtes si rebelles ou bien si capiteuses
Qu’en vous je me transporte, tel l'oiseau fatigué :
C’est à vous que j'apporte toute ma nudité.

Des contes et des songes…

Fragiles perce-neige, en vous je m'affermis.
Et quand je suis flétri, c’est vers vous que je prie.
Oh ! Rose parfumée, tu me dis la beauté.
Et toi, belle orchidée, tu m'interdis de plier.
Délicates fleurettes, seriez-vous fantasmées ?
C'est vous qui exaucez mes prières enfantines
Et qui anoblissez mes vapeurs trop mutines.
Et quand descend le soir, c'est par votre parfum
Que mes rêves assouvissent la sève de ma faim.

Des contes et des songes…

Mirages irréels, images infondées,
C’est par vous que je vis, c'est vous qui me gardez,
C’est par vous que la vie m’apporte une accalmie ;
Les elfes et les fées, c'est à elles que je crois,
Le charme des nuées, c'est bien lui que je vois,
Et s'il était permis de vivre sans le monde
Ce serait féeries dans une joie profonde.
Qui sourit des miracles ? Certainement pas moi,
Car l'irréel et le beau, chassent tous mes effrois.

Des contes et des songes…

Je côtoie des esprits, si légers et si beaux
Que parfois j'en oublie le boire et le manger.
C'est vrai sur mon chemin, il faut bien avancer
Mais, si par malheur, je ne pouvais rêver
Ce serait une peur impossible à tuer.
Aimer, créer, imaginer sont de douces manies
Mais il ne faut pas croire que céans, j’en rougis.
Car travailler, dormir, aller ou bien venir,
Pensez-vous que c'est là, en vérité s'investir ?
Certes non : si l'on veut correctement penser
C’est dans l'imaginaire que l'on peut s'épanouir,
Et c'est en poésie que je veux m’assoupir.

Octobre 2009

image : ecl.ac-orleans-tours.fr
 
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Pour consentir à vivre, il faut rêver sa vie
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