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Suzanne Bernard Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

SUZANNE BERNARD

Suzanne Bernard, née le 19 Novembre 1932 à Lagny (Seine-et-Marne), fut « découverte» par les Lettres de l'Ouest, alors qu'elle écrivait pour son seul plaisir et ne songeait guère à publier.
Elle a seize ans et voudrait en avoir vingt-cinq, écrit des poèmes, des romans, des pièces de théâtre qui ne sont pas, encore des œuvres définitives. Mais, dans ce jet l1ninterrompu de sa pensée apparaissent tous les signes précurseurs du grand talent littéraire : la sensibilité, l'imagination créatrice et le don des mots. Lentement, elle s'achemine vers des études plus poussées tant du point de vue psychologique que prosodique et certains de ses poèmes ont été édités.



Elle vient de remporter le premier prix ex-aequo du concours des Lettres de l'Ouest ,dans la section « Contes et Nouvelles », et, s'il faut reconnaître que c'est là son premier prix littéraire, comment ne pas applaudir à un succès aussi précoce. Mais Suzanne Bernard sait qu'elle ne fait qu'entrer dans ce sanctuaire littéraire et qu'il lui faut des années et des années de travail avant de sortir sa première œuvre définitive.

Guidée par des parents de haute valeur, pénétrée, déjà, de la haute conscience de l'écrivain, elle travaille, anxieuse d'apporter, de donner, et porte en elle le poids, des créateurs qui vont lentement vers ce chemin d'humilité qui pousse l'être à se dépasser chaque jour. Ceci joint à la persévérance la conduira d'ici quelques dix ans au premier rang des romancières françaises, nous pouvons le prédire.

CHAPEAU DE PAILLE 

Elle l'avait retrouvé, le vieux chapeau de paille,
Le vieux chapeau du temps passé ...
Il gisait à ses pieds, en ce jour de grisaille,
Il gisait à ses pieds, tel un oiseau blessé ...

Et cet oiseau triste et blessé,
Ce vieil oiseau parmi les fleurs,
Lui a redit toutes les heures,
Les belles heures du Passé ...

C'était par un matin où tout renaît et chante.
Et ils riaient tous deux comme on rit à vingt ans,
D'une envolée, d'un rien, d'une fleur trop méchante
Qui répond. « Pas du tout» et juste à cet instant
Où deux cœurs crient « Toujours » …

Et elle avait raison, la marguerite éclose,
Elle avait bien raison près du mur, dans l'enclos ...
Avec la brume d'Octobre et la mort des roses
Le bel amour a fui, et les volets sont clos ...
Voilà ce que lui dît le vieux chapeau de paille,
Le vieux chapeau du temps passé ...
Et son souvenir, en ce jour de grisaille,
Reste et gît, abattu, tel un oiseau blessé ...

 
REVERIE

 

Le livre s'est fermé, la croisée s'est ouverte
Et mon rêve a glissé avec la solitude,
Le vent et le soleil...

Déjà mon cœur s'enfuit,
S'évade et vagabonde ...
L'appel d'un souvenir où l'écho d'un regret
Vibre.
La chimère est ici avec ses yeux de songe,
Son regard triste et lourd,
Chargé de nostalgie ...

Des gouttes de clarté et de lumière blonde
Bougent sur le tapis.
Le cristal d'une cloche
Tinte. Prière.
Le temps fuit, l'heure coule,
La clarté 'S'atténue et l'ombre s'agrandit.
Mais une rose morte, tendre pastel jauni,
Lasse et penchée s'en va.
Illusion d'un été, vision d'une aurore,
Dans un crépuscule d'Automne.

Silence. Délice et fièvre.
Face à mes espoirs et à mes souvenirs,
J’écris.

 

  Septembre 1947

 
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